À quarante-trois ans, Rose Cormon, vieille fille candide
et sans beauté, mais héritière d'une des belles fortunes
d'Alençon, est taraudée par le désir de se marier parce que sa
chasteté lui pèse : trois prétendants s'offrent à elle, mais
saura-t-elle judicieusement choisir ? Le Cabinet des Antiques,
dont le titre - une collection d'antiquités - désigne ironiquement
la famille d'Esgrignon, reconduit les mêmes personnages
principaux que La Vieille Fille, dans le même décor
et dans la même paix provinciale, et cette paix, une nouvelle
fois, se trouve traversée de désirs, car le jeune Victurnien aspire
à mener la grande vie à Paris : mais le complot qui vise à
abattre sa famille le guette, comme ses trois soupirants guettaient
la fortune de Rose.
Dans La Comédie humaine, Balzac rassemble sous le même
titre, Les Rivalités, les deux romans parus en 1837 et 1839,
et ce sont bien les mêmes luttes, en effet, qui s'y retrouvent,
personnelles dans un cas, politiques dans l'autre : le mariage
avec Rose Cormon comme l'avenir du jeune d'Esgrignon
sont des enjeux de pouvoir. Le Cabinet des Antiques est donc
moins la suite de La Vieille Fille que son prolongement
parisien et c'est chaque fois l'histoire d'une illusion - puis
d'une déconvenue.