Dès quatre heures du matin, Massenet était au travail et les personnes qui se hâtaient par la rue Férou vers la première messe de Saint-Sulpice voyaient briller la lumière du compositeur. Sans prétendre faire œuvre de musico-graphe, l’auteur présente ici l’homme sous le musicien ; il le suit depuis ses débuts au Conservatoire et son séjour à Rome, à la Villa Médicis, jusqu’à ces derniers mois où la souffrance ne lui permettait de travailler qu’à plat ventre, ses manuscrits dispersés autour de lui. Pratiquement Massenet n’a pas connu d’éclipse, de ‘‘purgatoire’’ , après sa mort. Si dans une œuvre considérable quatre ou cinq ouvrages sont autant dire constamment joués ou repris en France ou à l’étranger, et l’ont toujours été, c’est que le public, quelles que soient les générations, reste sensible aux accents d’une musique qui lui exprime ses propres sentiments, qui traduit des réactions humaines.