Si la connaissance intime de l'Antiquité demeure encore le privilège de certains esprits curieux, il est au moins une évocation capable de susciter un intérêt même chez les plus indifférents à ce sujet, c'est celle des Sept Merveilles du Monde. Qui n'a rêvé, à l'énoncé de cette liste, pourtant souvent confuse dans notre esprit, à des images fantastiques et éclatantes ? Quelle fiction est capable aujourd'hui de supplanter le chantier de la Grande Pyramide, le miracle des Jardins Suspendus, la solennité de l'Artémision d'Ephèse, l'éblouissement de la statue chryséléphantine de Zeus Olympien, la virtuosité et l'équilibre du Mausolée, la silhouette formidable du Colosse de Rhodes ou l'élancement inouï du phare d'Alexandrie ? Malgré plus de deux millénaires, ces réalisations humaines, fruits de l'imagination, du génie et de la peine, choisies comme référence suprême par des voyageurs et des érudits grecs et romains, demeurent, malgré leur totale disparition à l'exception de la Grande Pyramide, ces parangons inégalés qui ont stimulé des générations d'artistes et d'architectes, soucieux de s'inspirer de ces oeuvres hors du commun sans jamais les rejoindre. Il convenait d'abord de décrire l'origine et la réalité de ces "merveilles" . dont même ceux qui parviennent à les citer ne savent généralement pas grand-chose. Ensuite de rendre hommage à ces créateurs désormais sortis du temps, en proposant ce que l'archéologie nous a apporté comme information à travers les fouilles et les textes et en donnant enfin la première traduction française du célèbre ouvrage grec de référence dû à un certain Philon de Byzance, intitulé précisément Péri tôn héptà théantatôn: " A propos des Sept Merveilles du Monde ".