Tout obsédés d'égalité républicaine qu'ils sont, les Français sont
fascinés par les titres et les particules. Certains s'en achètent, s'en
inventent même, fidèles au comportement de leurs ancêtres au
Grand Siècle, qui y voyaient un «accroissement d'honneur». Sous
l'Empire, la Restauration, le Second Empire et même les
Républiques, ils sont restés gourmands de cette «friandise»,
comme l'appelait Saint-Simon. Aujourd'hui encore, 12 000 personnes
se prétendent nobles.
Après douze ans de travail, cet ouvrage propose un tri, sinon parfait,
du moins exhaustif des titres authentiques. Il se compose de
quatre dictionnaires, tant les voies d'accès à l'anoblissement sont
complexes.
Le premier recense les titres héréditaires de la noblesse royale et
impériale ; le deuxième, les titres personnels, donc propres à la
Restauration ; le troisième comptabilise les familles reçues aux
Honneurs de la Cour au XVIIIe siècle ; le quatrième regroupe les titres
créés par les papes après 1791, ce que l'on appelle la «noblesse
romaine».
Ce livre constitue une histoire des titres, des raisons juridiques,
politiques, religieuses ou économiques qui expliquent leur création,
puis leur évolution, fondée sur les textes et non sur l'apparence.
Certains le consulteront pour se rassurer, d'autres avec inquiétude, et
les roturiers avec la distance amusée qu'il convient d'éprouver pour
une passion encore vive.