Pour instruire son fils de la façon dont doit régner le plus
grand monarque du monde, Louis XIV, très tôt, a composé
des Mémoires portant sur les débuts de son règne personnel,
entre 1661 et 1668. Au récit des événements se mêlent les
maximes de l'homme d'Etat et les conseils psychologiques et
pratiques, et parfois de surprenantes confidences. Cet ouvrage
impressionnant d'intelligence, de conscience et de maîtrise de
soi est complété ici par quatre textes particulièrement éclairants
: une lettre du roi à sa mère Anne d'Autriche expliquant
la disgrâce de Fouquet (1661), les Réflexions sur le métier de roi
(1679), les Instructions à son petit-fils le duc d'Anjou devenu
roi d'Espagne (1700), la Lettre aux gouverneurs des provinces
(1709) au moment le plus critique du règne. Ces écrits, observe
Jean-Christian Petitfils dans sa présentation, «se rattachent
à cette littérature politique de haut niveau qui, comme les
grandes oeuvres jalonnant la tradition française - on pense au
Testament politique de Richelieu, aux Mémoires de Charles de
Gaulle -, demeure d'une utilité féconde pour notre temps».
De fait ces textes font partie intégrante de la mémoire historique
et politique non seulement française, mais universelle.