En juillet 1868 paraît La France nouvelle, un essai
politique qui fait l'effet d'une bombe. Son auteur, Anatole
Prévost-Paradol, journaliste et académicien d'à peine
39 ans, y pose d'emblée, sous le Second Empire finissant,
une question simple, «celle de savoir si nous serons enfin
une nation libre», et y répond par un appel à des réformes
propres à instaurer une «démocratie française» telle qu'il
la conçoit. Ce percutant manifeste du libéralisme trouve
bien des échos dans le temps présent.
«La France nouvelle reste un exemple pur de la cristallisation
qu'un livre peut provoquer dans l'évolution des
idées politiques, et donc un livre phare du journalisme
[...] Il proposait d'implanter durablement en France le
régime libéral que celle-ci recherchait en vain depuis
près d'un siècle [...] De là cette émotion et cette tension
qui traversent les pages de La France nouvelle, l'un des
plus beaux testaments politiques de notre XIXe siècle.»