En partageant la vie rigoureuse des Esquimaux polaires, les Inuits, en mangeant avec eux l'hiver ces oiseaux d'été qui ont pourri sous les pierres, en écoutant, durant trois mois de nuit polaire, leurs légendes d'un rare pouvoir imaginaires, leurs récits dramatiques d'expédition au Pôle avec Peary, Cook, leurs fameuses expéditions avec Knud Rasmussen, Jean Malaurie est devenu l'interprète de la grandeur de leur civilisation. De la pierre à l'homme, du chasseur individualiste au groupe communaliste : tel est l'itinéraire. Comme Jean Malaurie (premier Français à avoir atteint, le 29 mai 1951, le Pôle géomagnétique Nord en traîneau à chiens), on se sent devenir militant en découvrant que cette société du Pôle, d'esprit chamanique, qui vivait durement mais heureuse et libre depuis des millénaires, est agressée par une gigantesque base nucléaire. Est ainsi posé le problème universel de la défense des minorités traditionnelles. Témoignage vécu d'une de ces violentes confrontations de civilisation que connaît de nos jours l'Arctique, ce livre n'est pas seulement l'oeuvre de référence sur le peuple esquimau dans son passé héroïque et son présent difficile : il crée, sans conteste, un genre littéraire absolument nouveau. Il a été traduit en vingt langues et adapté, à deux reprises, à la télévision française. Le livre le plus diffusé au monde sur le peuple inuit. C'est " le " classique.
Un ouvrage de référence s'il en est pour mieux appréhender le peuple esquimau, découvrir, comprendre. D'aventure en aventure, d'étonnement en étonnement, de frayeurs en sidérations, c'est dans le plus grand respect que Malaurie mène son approche et partage avec son lecteur les longs mois passés tout là haut dans le grand nord, à prendre part aux activités quotidiennes, à se confronter aux températures et aux éléments, à s'immerger dans les traditions, à noter les légendes, à apprendre la langue, à se nourrir, à mener son attelage de chiens, à chasser le phoque.
Dans les années cinquante, les esquimaux étaient les derniers rois de Thulé. Dans les années soixante, après la construction de la grande base américaine, le forcing de la civilisation occidentale fait perdre tous les repères et toutes les ressources. Enfin, dans les années quatre vingt, une conscience politique s'éveille. Les éditions successives du livre sont ainsi enrichies du devenir de leur population, et montrent déjà que la lutte est loin d'être terminée.