A la fin des Ages du Chaos, Ténébreuse a failli mourir. La sélection génétique produisait des pouvoirs de plus en plus forts ; les enfants recevaient l'éducation rigoureuse des Tours ; et tout cela ne servait qu'à nourrir la guerre. Des villes furent rayées de la carte ; l'anarchie s'installa ; sur les ruines de l'unité s'édifièrent Cent Royaumes acharnés à se conquérir les uns les autres et incapables d'y parvenir. Alors parut Varzil le Bon. Peut-être eut-il l'idée du Pacte ; en tout cas, il sut l'imposer dans les Royaumes survivants au bénéfice du roi Hastur. Les armes qui tuent à distance étaient interdites ; seules restaient autorisées les armes de poing ; la guerre se réduisit aux duels. La féodalité survécut - en faisant place aux Amazones Libres. Rascar, duc d'Hammerfell, vient d'épouser Erminie, sa jeune pupille. Ils viennent d'avoir deux fils jumeaux, Conn et Alastair. L'avenir va-t-il leur sourire ? Non, car les Hammerfell et les Storn, depuis cinq générations, se livrent une vendetta sans merci dont nul ne saurait plus dire la cause. Rascar succombe à son tour dans l'attaque de son château. Un vieux serviteur sauve Conn et s'enfuit avec lui dans la forêt. L'enfant grandit, rêvant de vengeance. Que sont devenus sa mère et son frère ? Sans doute ont-ils été victimes des Storn eux aussi. Mais Conn a le laran ; à vingt ans, assailli par des rêves et des visions, il comprend qu'Alastair n'est peut-être pas mort. Deux frères jumeaux peuvent communiquer à distance ; alliés, ils seraient invincibles, et les Storn sentiraient le poids de leur colère. Allons, Conn doit partir pour Thendara la grand'ville ; c'est là-bas, il le sent, que le destin l'attend... Ah, les crétins ! Depuis le temps, ils n'imaginaient même plus qu'on puisse violer leurs lois ! Et Paul Harrell s'en était donné à cœur joie. Il avait mené la grande vie. Il avait eu toutes les femmes qu'il voulait. Et celle qui l'avait donné, la garce, elle aurait au moins eu un vrai mâle une fois dans sa vie. Ça ne s'oublie pas. Quant à lui, il avait refusé la Réinsertion. Il ne deviendrait pas une marionnette sans tripes. il était bon pour le caisson de stase et le sommeil sans rêves. Pour l'éternité. Mais voilà qu'il se réveillait ailleurs. Par la haute fenêtre, il voyait un soleil rouge. Et l'homme devant lui, c'était... lui-même. Avec des cheveux longs et des culottes de peau. Comment ose-t-il se promener avec mon visage ? L'autre serra les poings et dit : " Je suis Bard di Asturien, le Loup des Kilghard. Il y a ici un homme qui veut établir un Pacte et liquider les hors-la-loi. Mais nous allons empêcher tout ça. Ensemble. "