Ce livre célèbre fut publié en Allemagne en 1936 (Die Sexualität im Kulturkampf) et traduit en francais en 1982. C'est un plaidoyer brûlant en faveur de la libération sexuelle de la jeunesse qui connut un succès notable. Dans son dispensaire de Vienne, deux choses avaient paru évidentes à W. Reich. Les symptômes des patients (inhibitions sexuelles, fixations obsessionnelles à la morale conjugale, peur de la sexualité des enfants...) sont les traits de caractère que l'on rencontre chez l'individu moyen. Cette " armure " dont l'homme de notre civilisation " se cuirasse " aussi bien contre sa sexualité naturelle que contre la morale répressive lui apparaît comme ce qui fait obstacle à la réalisation d'une véritable révolution sociale. Pour Reich, il faut passer de la thérapeutique à la prophylaxie et entreprendre cette révolution sexuelle, but suprême et condition de la révolution sociale. A Freud, il reproche son pessimisme, sa conception d'un instinct de mort présent dans toutes les productions humaines, fussent-elles révolutionnaires. La psychanalyse orthodoxe reste à ses yeux trop neutre et trop conservatrice en refusant d'assumer un rôle social. RESUME. Un grand homme de science parle de la sexualité, et non pas seulement des dérivés et symboles de la libido. Reich, découvrant le caractère social des névroses, développe la critique sociale implicite dans les premiers écrits de Freud. L'idéologie sociale et la forme patriarcale et monogamique de la famille ont pour conséquence la répression sexuelle, conséquence qui est en même temps conditions et but de cette famille. Le caractère fondateur de la psychanalyse par rapport à toute psychologie sociale et politique démontre cependant qu'une révolution culturelle sans révolution sexuelle ne saurait être radicale.