Au XVIIIe siècle, l'unique moyen publicitaire
pour diffuser largement une
information était la publication d'avis
ou d'annonces dans les journaux. Ces
espaces payants, ouverts à tous, furent très
tôt utilisés par ceux qui faisaient
commerce de musique : éditeurs, graveurs,
marchands, ainsi que par les compositeurs
eux-mêmes, pour informer les amateurs de la
publication d'un ouvrage, de son prix et de ses
points de vente. Avec le développement de la presse, la
multiplication des journaux et l'augmentation de
leur fréquence de parution, ces «avis» devinrent
de plus en plus prisés des annonceurs. On estime
que les deux tiers des oeuvres musicales éditées
au cours de la seconde moitié du siècle ont fait
l'objet de publicité dans les journaux.
Relevées dans une quinzaine de journaux : Mercure
de France, Affiches, annonces et avis divers, Journal de
Paris, Gazette de France, etc., et regroupées dans
ce catalogue, ces annonces offrent un échantillonnage
représentatif de la musique en vogue au
XVIIIe siècle et leur contenu permet de suivre les
lignes majeures de l'évolution du goût musical
de cette époque. Les commentaires d'ordre
esthétique ou factuel, qui accompagnent
parfois la partie purement publicitaire de l'annonce,
fournissent au musicologue contemporain
des informations souvent inédites qui l'aideront à
élargir le champ de ses recherches grâce à des
précisions que nulle autre source n'aurait pu lui
procurer. Ces annonces présentent aussi un intérêt
fondamental pour la connaissance du répertoire car
elles demeurent parfois l'unique témoignage de
l'existence d'une édition disparue.
Les annonces constituent aujourd'hui la source la
plus fiable pour dater les éditions du XVIIIe siècle.
Cet ouvrage évite désormais un long et fastidieux
travail de dépouillement sous forme d'un catalogue
classé par ordre alphabétique de compositeurs. Un
important index général de tous les noms cités
complète ce travail.