La communication est de tous les temps. Pourtant, c'est incontestablement au
XXe siècle qu'elle devient omniprésente sur la scène sociale. Souvent confondue avec
l'information, elle est l'objet de réductionnisme technique et le support de bien des
idéologies. Si certains y voient la promesse d'une libération des individus, d'autres n'y
trouvent que rhétorique et instrumentalisation des masses.
Ce premier volume est consacré aux «révolutions de l'expression» qui se manifestent
tout au long du siècle par des mutations médiatiques radicales. La question des
modes de transmission, des supports et des codages devient centrale, tout comme la place
de l'individu, du groupe et l'expression de l'opinion publique, jusqu'aux ruptures
d'Internet. La communication élit domicile dans l'espace public, véritable centre de
gravité des sociétés modernes, lieu de fabrique privilégié des opinions et des réputations,
domaine d'expression des foules et des publics. Sa conquête, sa connaissance
et sa maîtrise constituent alors un enjeu à la fois politique et militaire, économique et
commercial. Enfin, qu'il s'agisse de cinéma ou de musique, de design ou de littérature,
les évolutions du champ artistique au XXe siècle offrent une porte d'entrée incomparable
pour saisir les tensions et paradoxes de cette révolution de la communication.
Cette triple approche - par les médias, l'espace public et les industries culturelles -
permet d'analyser la communication au XXe siècle. Pourquoi cette révolution n'est-elle
jamais considérée comme légitime ? Pourquoi la communication est-elle omniprésente
sans être assumée, centrale et néanmoins marginalisée ? Un second volume paraîtra au
printemps 2015. Il traitera des mutations de la communication au XXe siècle sous l'angle
théorique et épistémologique.
Éric Letonturier et Bernard Valade