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Le Roi Lear

William Shakespeare
  • 16/03/2000
  • J'Ai Lu
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Couverture de Le Roi Lear par William Shakespeare

Résumé

«Selon Coleridge, Le Roi Lear représente «le plus immense effort de Shakespeare poète». Cette opinion est partagée par un grand nombre de critiques et de connaisseurs, pour qui cette tragédie est, avec Hamlet, l'un des sommets de l'ouvre shakespearienne. C'est la pièce la plus sombre et la plus douloureuse du grand dramaturge. Un déchaînement sauvage de passions jette les uns contre les autres la plupart des personnages ; et Cordelia elle-même, en son intransigeance obstinée, n'est pas exempte de quelque dureté. On a dit souvent que Le Roi Lear était la tragédie de l'ingratitude filiale : c'est l'évidence, mais on ne doit pas la limiter à cette signification. Lear, c'est aussi la tragédie de l'aveuglement : un homme se trompe sur ses proches, jusqu'à l'injustice ; il en sera puni, d'une façon horrible, même lorsqu'il aura reconnu son erreur et s'en sera repenti. Au vieux roi, aussi cruel que ses deux filles, Régane et Goneril, il faudra l'épreuve de la douleur et de la folie pour s'humaniser, retrouver des sources de compassion et de tendresse. Une intrigue secondaire, celle de Gloucester et de ses deux fils, Edgar et Edmond, s'entrelace étroitement à l'intrigue principale, dont elle forme le contrepoint. Des symboles puissants et simples (la tempête des cours et celle qui s'abat sur la lande, le bouffon guidant son roi dément, la folie simulée d'Edgar et la folie réelle de Lear, les yeux crevés de Gloucester et sa lucidité revenue) confèrent au drame une dimension surhumaine. Le pessimisme de Shakespeare, un désespoir qui n'attend plus que le suicide cosmique, s'exprime en un langage poétique d'une splendeur soutenue et inégalée. On chercherait en vain une morale, il n'y en a pas. Tout au plus peut-on croire que Shakespeare affirme la responsabilité humaine sous l'ombre écrasante de la Némésis, quand il fait dire à Edgar : «Les dieux sont justes : avec nos vices favoris, ils forgent des instruments pour nous torturer.» Jean-Louis Curtis.

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