Violence, dangerosité et maladie mentale sont souvent associées dans
l'imaginaire collectif, d'autant que nous sommes très régulièrement
confrontés à des faits-divers criminels particulièrement horribles
dont certains commis par des malades mentaux. Cette dangerosité
a toujours fait l'objet de réflexions tant de la part des psychiatres que
de la part des pouvoirs publics comme en témoignent les différentes
définitions du concept, son évolution au cours du temps, et les
législations successives qui ont organisé les soins. Actuellement
nous assistons à des positions plus sécuritaires et inquiétantes,
probablement liées en partie à l'accroissement de l'incertitude, des
crises économiques et du sentiment de menace, tant en France
qu'à l'étranger. La psychiatrie pour garder sa vocation soignante et
accompagnante auprès du patient souffrant de trouble psychique,
doit être compétente dans l'évaluation, et la prise en charge de
l'état dangereux.
Ce rapport rappelle les principales études épidémiologiques
concernant le lien entre violence et trouble mental, et aborde la
violence en fonction de la clinique. Il fait le point sur les principaux
facteurs de risque de dangerosité, et les outils d'évaluation du
risque de violence. Enfin, il expose le cadre thérapeutique et les
perspectives de soins des états réputés dangereux.