Il est de bon ton dans certains milieux catholiques de critiquer
les Lumières et de se plaindre que les enfants n'acquièrent plus de
culture religieuse à l'école. Cours et manuels témoignent que l'école
de la République a toujours été attentive à cette culture. Pourtant
une revue remarquable destinée à des professeurs d'histoire a publié
récemment des témoignages de collègues sur la façon dont ils présentaient
le christianisme, au programme en classe de sixième. Ils
n'aborderaient la résurrection «que si un élève (l') évoque» ; «la
résurrection, les paraboles, les miracles» sont dans leurs cours des
«notions ou mots volontairement écartés».
Peut-on parler du christianisme en l'amputant de son essentiel,
la résurrection ? Peut-on parler en France d'art, de peinture, de
cathédrales, en l'occultant ? Pourquoi les textes fondateurs d'une
des religions les plus répandues et rationnelles sont lus et compris
de façon que l'on n'ose même plus les présenter devant une classe
de notre République laïque où l'on présente sans scrupule Platon,
Confucius, Mahomet, Marx, Sartre et tant d'autres ? Alors que
l'école forme aux Lumières, à l'observation et au raisonnement
scientifique, à l'esprit critique et à l'histoire, à la richesse des cultures
et des langues profanes, quelle lecture l'Eglise transmet-elle
donc de la Bible pour la rendre incompatible avec ces enseignements
scientifiques et rationnels ?
Ce n'est pas l'école, c'est la catéchèse qui s'est effondrée, qui se
contente de répéter dogmatiquement dans un langage archaïque et
déconnecté de l'expérience ce qui devient alors sornettes inassimilables
et intransmissibles. C'est ce qui m'a conduit à rédiger ce livre.