Six portraits, et Manifeste à la Zola. Femmes aux prises
avec les choses ordinaires de la vie, de l'amour. Trois d'entre
elles, jetées à la rue, nous interpellent. Quant au Manifeste,
mise en miroir de notre Occident, il bouscule, il dérange...
1992 - «Sans maudire ?»
L'auteur : «Moi, Marie, gosse de riches, femme d'immigré,
secrétaire, chômeuse, voisine, militante, mère de famille, dans
l'un de ces HLM des banlieues sauvages de l'Occident des
Blancs»...
Marie O'Nord n'aurait-elle pas ici d'autre visage que le
visage de tous ceux que les Bourgeois ignorent, vivant de leur
travail et passant à côté d'eux sans les voir ni leur parler, sans
les écouter non plus, dans un monde où les marchands font des
bulles de mensonge autour du beau mot de «Communication» ?
Un Pseudonyme, oui, construit comme tel, exigé,
revendiqué, Masque de Clown qui pleure et qui rit en
même temps.
1992 - 2005. A cette heure où explosent nos banlieues
d'Occident, lever un peu le voile ?
Elle le veut bien, La Marie :
Devenue fonctionnaire, obligée à travailler plein temps si
elle veut, vieille, ne pas devoir mendier, elle continue, elle
s'obstine : tenter de construire une écriture qui à la fois mette
en scène et questionne les errances de notre Occident : «ah ! je
veux, je veux, enragée, sauvageonner la norme aveugle de ce
temps».