«Je vous présente Clémence qui fut un temps «Mimi», qui est
progressivement devenue «Mademoiselle Ronchon», puis «La Râleuse du
val»... pour enfin se transformer en une espèce de monstre au cours du
mois de mai de la treizième année de sa vie. À celui-ci on n'attribua aucun
nom... si ce n'est peut-être "Anorexie".»
Clémence a maintenant seize ans et se débat avec son corps :
«Trois ans. Cela va faire trois longues années que ce cauchemar a
commencé. Et j'ai besoin d'écrire, d'exprimer ma souffrance par n'importe
quel moyen. Je ne me supporte plus.»
«Je n'y peux rien ! C'est mon corps ! Et, cette enveloppe, je ne l'ai pas
choisie. Moi aussi, je le hais. Comprenez-moi au moins s'il vous plaît. Vous
pouvez le détester lui. Ça ne me dérange pas. Mais, moi... Moi, je ne suis
pas lui.»
Clémence essaie de démêler ce qui l'a menée à l'anorexie ; elle ne se cache
rien, au prix d'une grande souffrance que le lecteur ressent avec elle. Au
terme de ces pages, l'horizon semble s'ouvrir : «Nous deviendrons des
femmes merveilleuses.»