La puissance des États-Unis est-elle un défi ou une chance pour les
Européens ?
Les temps sont un peu difficiles pour les relations entre la France
et le Royaume-Uni. Un certain nombre d'événements politiques ont, en
un an, modifié l'environnement dans lequel se jouent ces relations.
Mais nous affrontons les mêmes problèmes : vieillissement des
populations, qui entraîne partout des difficultés du système de santé ;
l'éducation et l'école, à repenser ; les finances publiques à rééquilibrer ;
et enfin, les immigrants à intégrer. L'alliance de la France et de la
Grande-Bretagne est un des grands axes de notre monde dont dépend
une Europe forte qui soutienne ordinairement la politique des États-Unis,
agir d'une manière autonome et, sur des sujets très importants,
être capable de s'opposer aux États-Unis.
L'Union européenne et les États-Unis doivent reconstruire
ensemble un véritable partenariat stratégique. Avec l'élargissement et
les réformes structurelles, c'est le plus grand chantier auquel l'Europe
ait à s'atteler dans les dix années à venir. Il faut que l'Europe s'engage
davantage pour garantir la sécurité internationale ; et que les États-Unis
acceptent que cette nouvelle répartition des tâches se fasse dans
le cadre d'instances multilatérales, quitte à y perdre dans un premier
temps une certaine marge de manoeuvre.
À long terme, il y aura d'autres pôles, d'autres superpuissances
politiques et économiques. Les États-Unis vont avoir besoin de
l'Europe comme alliée. Une coopération entre l'Europe et les États-Unis
n'est possible qu'à la condition de partager suffisamment de
valeurs. Malgré des différences, la majorité des valeurs des Européens
et des Américains sont identiques : liberté, démocratie, état de droit.