A la fin du vingtième siècle et en ce début du vingt-et-unième, en
pleine mondialisation économique, l'Afrique se présente comme un
champ de batailles. Diverses explications à ces conflits sont fournies çà
et là. Les conflits en Afrique australe ont été ou sont des «guerres de
libération» que l'Afrique a soutenues à travers l'OUA, son ancienne
organisation continentale devenue l'UA. Pour les autres, l'explication
est moins évidente. Ils étaient présentés pendant la guerre froide
comme des subversions communistes. Mais depuis la chute du Mur de
Berlin ils sont lus à travers le prisme de l'ethnicisme. La crise qui
secoue la Côte d'Ivoire est traitée selon le même schéma par
l'exploitation du concept d'Ivoirité.
Mais du point de vue de l'auteur, l'ethnicisme ne peut seul
véritablement expliquer les crises qui secouent nombre d'États
africains. Il propose d'aborder cette question avec urgence pour
débarrasser le continent de ce fléau. Il pense et soutient qu'une
solution, pour construire une nation et un État modernes en Afrique
peut se trouver dans le «suicide politique du chef», qui peut en renaître
plus fort. La politique de Laurent Gbagbo pourrait servir à cet égard
d'expérimentation et être à terme une clef. En proposant que le peuple,
par le bulletin de vote, lui confie le pouvoir pour qu'il le lui rende, en
renonçant à favoriser sa région et son ethnie dans l'exercice du pouvoir
suprême, il ouvre une voie nouvelle porteuse d'espoir, celle où le
pouvoir est réellement exercé comme un service.