Le genre autobiographique est souvent théorisé par la critique des littératures
francophones, mais sa relation avec les concepts du postcolonial et de l'hybridité a
encore peu été analysée de façon systématique. Le présent ensemble d'articles
s'interroge sur l'autobiographie, tant comme norme littéraire ancrée dans la culture
occidentale, que comme problématisation postcoloniale de l'hybride et du genre. Il
décrit en particulier la relation entre la manifestation autobiographique et l'hybride
pour décider du statut épistémologique des textes, et il entame une systématisation
des approches méthodologiques. Il ne s'arrête pas à la constatation d'une
particularité des écritures francophones par rapport à une définition traditionnelle
du genre autobiographique, mais se propose d'ouvrir de nouvelles pistes pour éviter
le grand écart entre une dévalorisation des textes francophones face au modèle
établi, et une surévaluation de leur spécificité, qui s'accompagne en effet le plus
souvent d'une nouvelle marginalisation. Le questionnement du concept générique
de l'autobiographie permet ainsi, soit à des écrivains tels que Glissant, Chamoiseau,
Khatibi, Brossard, Bugul, Mokeddem, Hammoud, Zotoumbat et d'autres, soit à la
critique, de recourir à la tradition littéraire occidentale et de la considérer comme
une référence culturelle parmi d'autres, sans l'ériger pour autant en norme
universelle.