Tarvildo Targani
mouleur à la main dans une fonderie du Doubs
En 1920, le père de Tarvildo Targani est contraint par les forces fascistes de quitter son Italie natale. Parmi les premiers ouvriers italiens à émigrer en Franche-Comté, il est embauché dans une fonderie à sa descente du train, en gare de Montbéliard. Sa famille le rejoint en 1922, Tarvildo a quatre ans. Il nous décrit son enfance à la Cour des Miracles, la cité ouvrière du village de Sainte-Suzanne, puis ses divers apprentissages dès l'âge de treize ans et surtout son métier de mouleur à la main, qu'à partir de 1935, il apprend de son père, son modèle en tout.
Passionné par son métier, il témoigne de la vie d'ouvrier dans une aciérie-fonderie qui se transforme avec les nouvelles technologies, les mutations dans les relations salariés-patrons et l'internationalisation. Il incarne les valeurs de l'ouvrier : le travail bien fait, le respect de l'outil de travail, la solidarité discrète, la parole donnée, la camaraderie.
Le Vildo, comme tous l'appellent, évoque pour nous la communauté italienne de sa jeunesse, ses amis d'usine, les années dures de la précarité et son regret d'avoir attendu 43 ans avant d'obtenir la nationalité du pays qu'il a fait sien depuis son arrivée.