Le maintien en activité professionnelle des salariés seniors est un sujet
qui préoccupe toutes les sociétés en Europe. L'allongement continu de la
durée de la vie allié à une démographie qui n'assure plus le renouvellement
des générations, induit un déséquilibre profond entre actifs et retraités,
entre jeunes et vieux. Les déficits des comptes sociaux en attestent. La
plupart des pays européens confrontés au vieillissement de leur population
envisagent d'en faire porter le fardeau financier à leurs salariés en retardant
l'âge du départ à la retraite, ce qui pose le problème du maintien en
activité des salariés seniors.
Or, le prolongement de l'activité professionnelle des seniors commandé
par les finances publiques autant que par l'amenuisement du nombre
de salariés jeunes se heurte à de nombreux obstacles. Un des principaux
est l'attitude réticente des employeurs, publics ou privés, à l'égard
des seniors. C'est ainsi qu'un tiers seulement des salariés âgés de 55 à 64
ans sont encore actifs en France, un des taux les plus bas d'Europe.
Les problématiques abordées dans ce recueil nous concernent tous.
Les jeunes, parce que ce sont eux qui financent le déficit des assurances
retraite et maladie, les salariés d'âge moyen parce qu'on est considéré
comme «vieux» de plus en plus tôt, et les salariés seniors en raison des
difficultés de sortir du chômage. Il fait le bilan de la situation en Europe,
des problèmes, mais aussi des solutions trouvées ailleurs. Les contributions
des chercheurs réunies ici tentent de dégager des pistes pour trouver
des solutions qui ménagent tant les aspirations individuelles au bonheur de
la retraite que la nécessité pour les pays d'être compétitifs. Les mesures
timides et désordonnées amorcées par les gouvernements européens
auront-elles un impact réel sur le maintien en activité des salariés âgés et,
partant, sur le choix de société du futur ?