A l'heure où l'on juge les dirigeants khmers rouges, l'auteur s'interroge
sur les raisons pour lesquelles la communauté internationale a laissé, en
1975, ces mêmes Khmers rouges massacrer le peuple cambodgien. Encore en
1979, la majorité des Etats membres des Nations unies soutenaient le
Kampuchéa démocratique, régime renversé et accusé du génocide de
1,7 millions de Cambodgiens, au détriment de la République populaire du
Kampuchéa, mise en place par Hànôi. La RPK était inacceptable en droit
international sauf à créer un précédent dangereux.
En remontant aux origines du communisme khmer et aux différends
frontaliers khméro-vietnamiens, ce livre couvre une période charnière (1979-1993)
dans l'histoire contemporaine du Cambodge, une période marquée par
l'invasion et l'occupation étrangères, par le déchirement du peuple khmer, par
d'intenses négociations, par les accords de paix de Paris et par l'intervention
de l'ONU au Cambodge pour organiser des élections «libres, équitables et
démocratiques».
L'opération de l'autorité provisoire des Nations unies au Cambodge a
revêtu une très grande importance pour ce pays, ainsi que pour toute la
communauté internationale. Le succès de cette opération aurait pu servir de
modèle dans d'autres régions du monde. L'espoir que l'on a mis en l'ONU
était-il un espoir perdu ? Les dérapages du gouvernement issu des élections
de 1993 se sont multipliés. Aujourd'hui, les principes du pluralisme sont loin
d'être acquis ; l'indépendance de la justice reste un défi.