La chair est tantôt indécente, obscène et tantôt cachée, niée.
Parfois la chair est habilitée à contraindre le corps à faire le beau.
Des artistes comme Gina Pane, Orlan, Nitsch ont autrefois posé des
questions à la chair et aux limites de l'image. Des photographes et
des réalisateurs ont envisagé le sort fait au corps victime de
boucheries, où la chair est torturée et exhibée. Bacon et Vélikovitch
ont posé les problématiques et Deleuze et Lyotard ont interrogé
l'esthétique du sublime et de l'horreur chez Kant. L'image serait
alors le biais par lequel l'humanité accède à un miroir de sa
subjectivité troublante.
La chair n'est qu'une instance du corps, un aspect
morphologique, un élément visuel. Le cinéma et les arts du récit ont
fait appel à la figuration pour imposer l'idée que le corps à l'image
est une banalité. La chair n'est pas banale, elle est fragile et
délicate, elle signe la matière vivante sous sa forme pensante et
sentie.