«Cette première partie du convoi aurait pu
m'entraîner loin de mon écran, n'était-ce le souvenir
de Rabia qui domine tout, assise humblement sur sa
docile mule qu'elle connaît plus que toutes ;
l'affection que j'ai toujours vouée à cette femme-là se
transforme, au fil de la rédaction de ces lignes, en un
respect plus digne que l'amour de l'enfant que j'étais
pour l'esclave la plus respectable et respectée de ma
famille, un amour certes bien fort ; les deux : l'amour
et le respect sont aujourd'hui plus que douloureux car
je ne peux plus les lui exprimer.»
La disparition de sa voisine, Neil, sa grand-mère adoptive,
témoin d'un humanisme dont la narratrice rêve encore, évoque
irrésistiblement pour celle-ci l'image de sa propre grand-mère
et de sa vieille nounou qui avaient veillé sur son enfance
bédouine. Le sixième récit de Aichetou est constitué de
plusieurs allers-retours incessants entre ces deux mondes.