La démocratie participative occupe depuis quelque temps une place
importante dans le discours politique. Elle sera très certainement l'un des
thèmes centraux de la campagne présidentielle française de 2007. En dépit de
la relative nouveauté de l'expression, l'analyse révèle que des procédés de
démocratie participative sont implantés dans l'ordre juridique français depuis
plusieurs années : les conseils de quartier, le débat public, le référendum local
sous toutes ses formes sont incontestablement des outils de cette forme de
démocratie.
L'étude de la démocratie participative pose d'abord un problème d'ordre
conceptuel : bien que très présente dans le langage politique et médiatique, la
notion de «démocratie participative» est marquée par un certain flou, qui
oblige le chercheur à un effort préalable de définition. La tâche est loin d'être
simple. La difficulté principale est de dissocier la démocratie participative de
concepts très voisins tels que la démocratie délibérative ou la démocratie de
proximité.
Une fois franchie cette première difficulté, il convient de s'interroger sur
les liens qui doivent s'établir entre cette nouvelle forme de démocratie et les
procédures classiques de la démocratie représentative (ou élective). La question
est notamment de savoir si les procédés de démocratie participative ont
vocation à concurrencer les procédures de décision contrôlées par les élus ou
s'ils ont simplement vocation à enrichir la réflexion de ces derniers.
En tout état de cause, l'émergence de la démocratie participative est significative
d'une mutation importante de nos sociétés politiques, dans lesquelles
le dialogue et la concertation sont devenus des valeurs centrales.