Après avoir mené une vie sentimentalement
désordonnée et sexuellement bien remplie, Lopo tombe
gravement malade. Son destin se trouve alors balloté
entre d'une part les décisions de sa pieuse épouse qui
pense que la prière peut guérir son mari, d'autre part les
croyances ancestrales de sa «famille» pour qui le salut ne
peut venir que des «esprits». Il va ainsi tour à tour
séjourner chez des charlatans ou dans des groupes de
prières pendant que son état physique se délabre chaque
jour. L'hôpital est malheureusement le dernier recours
auquel ils pensent alors qu'il est trop tard. Et puis c'est
l'issue fatale avec d'autres drames qui s'ajoutent :
prétendus sorciers brulés vifs, veuve déshéritée,
orphelins jetés à la rue.
«Ne brûlez pas les sorciers...» a pour cadre un pays
imaginaire sous les tropiques où le sida continue d'être
considéré comme une maladie de la honte et où l'on
pense encore que cette pandémie peut être transmise par
les mauvais esprits. Telle est en tout cas la conviction de
la famille de Lopo.
Riche en anecdotes et plein d'humour, «Ne brûlez
pas les sorciers...» est une véritable satire de la société en
général et de celle africaine en particulier : sorcellerie,
pratiques rituelles et initiatiques, excision, stigmates des
«guerres tribales», corruption, tout y passe, sans oublier
les allusions à la mauvaise exploitation des ressources
naturelles dont les citoyens ne voient les effets qu'à
travers les méfaits sur l'environnement et sur leur avenir
hypothéqué.