Faire sortir de terre le grand port de Fos ou les stations touristiques
du Languedoc-Roussillon, lancer la première radio
locale en Lozère, créer le Conservatoire du littoral, convaincre
Sony d'implanter des usines en France, tenter de faire reprendre
le paquebot France par le Club Med, former des cadres noirs en
Afrique du Sud en plein apartheid ou des cadres soviétiques à
l'économie de marché au temps de Gorbatchev..., autant d'aventures
originales et fascinantes pour un haut fonctionnaire
passé sans état d'âme au service des entreprises. Le randonneur
montagnard se remémore cette marche vers le XXIe siècle où il
a vu une France encore «colbertiste» à la fin des «Trente Glorieuses»
s'ouvrir progressivement à l'international pour se
retrouver aujourd'hui face à une mondialisation qu'elle appréhende
avec inquiétude. Au hasard de ses souvenirs professionnels,
il se replonge dans l'atmosphère du monde maritime avec
ses gens de mer exigeants et passionnés, du monde consulaire
où industriels, grands distributeurs et petits commerçants gèrent
un bel appareil de formation depuis la grande école HEC jusqu'aux
centres d'apprentissage. Très proche du monde politique
au début de la Cinquième République, il a préféré rester un
témoin engagé mais libre. Observant l'évolution de la gouvernance
politique du pays et se tournant vers l'avenir, il milite
pour que les responsables, en ne se refermant pas dans le «principe
de précaution», adoptent une démarche innovante et
n'oublient pas que, comme le disait Louis de Broglie, «le risque
est la condition de tout succès».