Publié pour la première fois en 1946, Les Témoins qui se firent
égorger, titre emprunté à une citation de Pascal, est l'un des
témoignages essentiels sur la Résistance et la Déportation.
Essentiel, par sa date de publication, une année à peine après la
libération des camps, infirmant l'assertion, trop souvent répétée, que
les déportés ne voulurent pas parler de l'horreur qu'ils venaient de
subir dans les camps nazis.
Essentiel aussi parce qu'il donne la parole à ceux qui ont choisi
la Résistance et subi la Déportation, parlant de leurs compagnons
tombés à leur côté, à cette «Armée des ombres» anonyme dont
beaucoup le sont restés. Nous y côtoyons ainsi Hélène, Pons, Pinède,
Pierre «Faux-papiers», Vélin, «Papa», Olivier, Marie-Hélène, tous
ceux que la «Grande histoire» a quelque peu oubliés.
Essentiel enfin parce que, tout en donnant la parole à «celui
qui croyait au ciel» et à «celui qui n'y croyait pas», ce livre témoigne
d'une Résistance et du martyre dans les camps des chrétiens, et
particulièrement des catholiques - moment de notre histoire, lui
aussi, injustement méconnu -, ceux qui, sachant que «l'Enfer est
parmi nous», moururent pour la Liberté.