Dans les Poèmes des bouts de la langue l'auteur fait le choix de
la variété des styles à l'intérieur d'un seul recueil. Ainsi, le jeune
slameur nous découvre le perpétuel mouvement d'une langue qu'il
porte à fleur de peau, avec ses bouts de tissus et d'anglicismes, avec
ses dés et ses olas, avec sa panoplie d'ingérences, et ses commerces
à perpétuité. Une poésie qui se veut parole et prédication sous
l'ombre des baobabs, et qui se pleure langage et peinture des moeurs
déchues, sous l'ombre un peu plus mate des saules pleureurs.
Comme tout slameur, le rythme occupe une place importante dans
la poésie de Facinet, à travers des poèmes percussifs qui se laissent
déguster du bout de la langue, des poèmes qui se disent -et se
dansent-poèmes qui se slament tout court.