L'écriture poétique fourmille d'éclats du présent que le poète
trace sans les définir. Ainsi en serait-il de ces «crépitements», qui
voudraient embrasser et l'ombre et la lumière, comme diverses
facettes d'une même invitation. Celle de suivre le poète en ces
lieux où se livrent les mouvements du monde, mouvements de son
monde. Là viendrait s'exprimer la tentative d'une mise en
résonance de rencontres singulières, intimes, qui fondent la
coïncidence à laisser vivre l'instant ouvert. À le laisser passer au
tamis du temps oublié, actuel, familier. Cette tension ou attention,
Patrick Nogier tente d'en témoigner dans ces textes, porté par
l'intention du silence au coeur des mots, comme pour proposer à
l'appréciation du lecteur combien nos vies pourtant uniques
trouvent à se reconnaître «aux crépitements de l'ombre» d'une
même source.