Attentif aux composantes rythmiques et mélodiques de la phrase, Henri
Bosco s'est interrogé sur le métier d'écrivain «[...] Je proclame haut et fort
que le métier est indispensable à l'écrivain. Il faut connaître admirablement la
langue, sa propre langue, de toutes les façons ; l'avoir étudiée dans les textes,
en écoutant les gens parler. [...] Il faut que le langage vous dise que 2 et 2 font
4, et qu'il vous suggère en même temps que peut-être 2 et 2 font 5. Il y a un côté
logique et un côté surnaturel, pour ainsi dire dans le langage». Henri Bosco
explicite ainsi sa vision de la démarche créatrice, des propriétés du langage
comme de ses pouvoirs. La valorisation du savoir-faire est toujours corrélée à
l'ancrage sensoriel, physique de l'acte d'écrire.
Réunissant les communications présentées lors d'un colloque international
organisé à l'Université de Nice - Sophia Antipolis, en septembre 2006, ce
recueil nous plonge au coeur des années de formation du romancier, pour éclairer
ensuite le processus de la création romanesque. Mettant l'analyse des récits
de Bosco en regard de ses réflexions sur le métier de romancier, ces études
renouvellent notre approche de cet univers romanesque. Elles donnent accès
aux diverses facettes d'un artisanat des lettres, comme aux grands principes qui
fondent cette poétique narrative. Elles montrent comment les qualités musicales
et architecturales de cette écriture concourent à la diffusion d'un effet de mystère,
étroitement lié à l'émergence des signes du sacré.