L'universalité des questions philosophiques entend redonner à la
philosophie sa signification universelle, laquelle a souvent été dévoyée
par la thèse dogmatique de l'exclusivité européenne et occidentale de
la rationalité. La philosophie naît dans le foyer égypto-nubien où se
sont formés les futurs penseurs grecs, ainsi que la Grèce intellectuelle
et spirituelle. Situé dans le prolongement des travaux de Cheikh Anta
Diop, Théophile Obenga, Grégoire Biyogo et de l'auteur de Black
Athéna, Léon Mbou Yembi soutient que la philosophie est l'affaire de
tous les foyers de civilisations. Qu'elle puisse être historiquement
située en Egypte ne doit pas occulter l'essentiel : son objet est de dire
l'universalité des questions, du sens et de penser l'être même des
choses. Ce que les choses sont et veulent dire concerne tous les
hommes, qui disposent à égale valeur de la capacité de philosopher.
L'apport majeur du philosophe gabonais est sa relecture des thèmes
universels de la matière, la métaphysique et l'ontologie, la mort et
l'éternité de l'âme, l'espace et le temps, la science et la logique,
l'organisation de la société, l'art, la morale et l'éthique dans la pensée
philosophique de la vieille Egypte, en en montrant l'universalité, et
établissant que, bien souvent, ces questions vont être reprises,
subverties ou réorientées par la postérité.
Enfin, à la suite de Bachelard et de l'école diopienne, l'auteur
défend la thèse de la corrélation du sensible, du rationnel et de
l'irrationnel, tant le sage fait le pont entre ces entités complexes.