Dans cet ouvrage de référence, Robert Lang retrace le
développement du mélodrame dans les cinquante premières années
du cinéma américain, en proposant des analyses approfondies de
quelques films clés réalisés par les trois plus grands spécialistes du
mélodrame à Hollywood, D.W. Griffith, King Vidor et Vincente
Minnelli. L'auteur montre que la famille est le sujet central du
cinéma américain, et que pour cette raison, le mélodrame familial
est devenu le genre dominant. Ses développements théoriques et
critiques sur le genre mettent en évidence que les évolutions
formelles du mélodrame correspondent à des moments de rupture
dans l'idéologie dominante de la société américaine. Le mélodrame
en tant qu'esthétique prend pour matériau les contradictions de la
société de l'époque, et il a été un véhicule idéal, d'abord pour
Griffith et sa vision chrétienne essentialiste, ensuite pour Vidor qui
a une compréhension plus sociale des forces qui déterminent les
destins humains, enfin pour Minnelli qui joue sur les interactions
complexes entre les facteurs sociaux et psychanalytiques. Vingt ans
après sa publication aux Etats-Unis, l'ouvrage de Robert Lang n'a
rien perdu de sa pertinence. Depuis, le mélodrame en tant que
forme a continué à évoluer, et au fur et à mesure que la culture
américaine devient une culture globale, de telles analyses
deviennent de plus en plus nécessaires pour les études
cinématographiques et, plus largement, pour comprendre la culture
américaine.