La compréhension des mécanismes par lesquels s'opère la transformation des
régimes de développement suppose l'analyse des recompositions sectorielles et
territoriales. Partageant cette hypothèse, les membres du séminaire "Régulation
sectorielle et territoriale" (RST) ont mis en commun une série de travaux qui sont
à l'origine de cet ouvrage.
Celui-ci invite, d'abord, à revisiter le concept de «rapport salarial» à partir
des populations hors travail et de la variété des statuts professionnels (C. Laurent
et M.F. Mouriaux), des nouvelles formes de régulation de la formation et de l'emploi
(J. Perrat), des trajectoires socioprofessionnelles des cadres (P. Dieuaide).
Ces modifications du rapport salarial s'opèrent dans un contexte où les entreprises
réalisent de plus en plus d'investissements immatériels (C. du Tertre), et où
leur intérêt renouvelé pour les connaissances a un impact sur les transformations
du système éducatif (T. Lamarche). Ces résultats font ressortir l'importance d'une
approche mésoéconomique articulant secteurs et territoires.
L'ouvrage illustre, ensuite, cette problématique de recherche à partir de situations
spécifiques : les transformations du monde agricole (M. Berriet-Solliec,
C. Déprès et A. Trouvé), la dynamique sur longue période des activités aéronautiques
à Toulouse (Y. Dupuis et J.-P. Gilly). Il expose, enfin, des considérations
plus générales et théoriques à propos du programme de recherche régulationniste
: la diversité des déterminants de l'inscription spatiale des firmes (G. Colletis),
l'exploration du concept de «modèle productif» pour comprendre les liens qui
s'opèrent entre les dynamiques macro et microéconomiques (Y. Lung), la modification
profonde des rapports d'échange internationaux et des formes de concurrence
(P. Petit), les convergences entre les agendas de recherche des réseaux RST et
«Proximité» (J.-P. Gilly et Y. Lung).