La France est présente dans le Pacifique Sud depuis le milieu du XIXe
siècle, mais ce n'est qu'à partir des années 1970 que ses relations avec les
États de la région ont connu de grands bouleversements. Le territoire ainsi
que la stratégie nucléaire, facteurs de puissance pour la France, sont devenus
les fondements de la contestation régionale, exprimée par l'opposition au
développement des activités nucléaires en Polynésie française et par le
soutien au mouvement indépendantiste kanak en Nouvelle-Calédonie.
Cependant, au-delà d'une apparente cohésion, cette contestation a révélé des
enjeux régionaux divers voire diviseurs notamment parmi les jeunes États
mélanésiens. Un rapprochement s'est pourtant opéré à partir de 1989 entre
les États du Pacifique Sud et la France. Celle-ci a développé deux types
d'actions, les unes relevant de politiques essentiellement nationales ou
territoriales, les autres de politique extérieure, et toutes généralement
conduites ou initiées par de fortes personnalités politiques. Les États du
Pacifique Sud ont accueilli ces initiatives de façon d'autant plus positive que
certains se sont retrouvés confrontés aux aléas de leur relativement récente
indépendance. La présence française semble désormais devenue un atout
pour le Pacifique Sud.