«Bougnoule, niakoué, raton, youpin / crouillat, gringo,
rasta, ricain» chantait, il y a quelques années, un Jacques
Dutronc désabusé, dans l'Hymne à l'Amour. Et la liste n'est
évidemment pas exhaustive, tant le lexique est fourni... Autant
de termes, autant de violences langagières, qui sont
susceptibles d'un traitement pénal. La loi française matérialise
en effet une police du discours et, en public en tout cas, il est
entendu que l'on ne peut pas dire n'importe quoi avec n'importe
qui.
Sur cette thématique de la violence du langage, articulée à
une pénalisation de la parole, juristes - universitaires ou
praticiens -, linguistes, historiens du droit, psychanalystes et
spécialistes de littérature ont décidé de se réunir pour
confronter leurs analyses. Si l'approche juridique privilégie la
définition de catégories aux frontières parfois ténues (outrage,
injure, blasphème, diffamation), les approches linguistique et
littéraire interrogent la production du sens en contexte et les
effets de réception de ces paroles qui font acte. Les analyses
détaillées et les nombreux exemples contenus dans l'ouvrage
ne manqueront pas d'intéresser tous ceux qui, dans leur cadre
professionnel, dans leur vie quotidienne, ou par simple
curiosité intellectuelle, sont amenés à se pencher sur la
question épineuse des limites de la correction et de la politesse
dans les interactions verbales.