Poser le principe d'une approche endogène du développement au
Congo-Brazzaville peut sembler, aujourd'hui, à contre-courant de
l'idéologie dominante qui voit dans l'ouverture au commerce mondial
et la stricte observance des prescriptions libérales des institutions de
Bretton Woods, les seules et ultimes voies désormais pour les pays
africains d'accéder au développement. Toutefois, contrairement à cette
vision, et n'en déplaise aux discours de ceux-là même que Vincent
Hugueux nomme à juste titre «les faux amis de l'Afrique», ces
prophètes de septentrion qui n'ont pas perdu de leur paternalisme
condescendant et de leur promptitude à penser et à vouloir en notre
nom - comme si tant d'années après l'esclavage et la colonisation
n'avaient nullement entamé leur inclination à notre infantilisation - le
Réseau Congo 21 persiste à croire que l'avenir du Congo-Brazzaville
comme, du reste, celui des autres pays africains, dépend principalement
de ses propres capacités à se structurer démocratiquement et à valoriser
ses ressources intrinsèques.
En accord avec Michel Rocard pour qui «le développement se
conquiert, il ne se parachute pas», les contributions ici réunies
soulignent, une fois de plus, la nécessité d'une endogènéisation des
mécanismes de développement, pour contrer les faux discours dont le
but est le renoncement à toute aspiration nationale et la survivance des
réflexes de subordination. Au menu de cet ouvrage, la problématique
de l'homme congolais, l'impératif de la citoyenneté, la gestion des
entreprises congolaises, la passation des marchés publics, les enjeux du
développement local, de l'investissement dans les moyens de transports
et les nouvelles technologies de l'information et de la communication,
la question des institutions idoines à mettre en place pour une meilleure
gouvernance. Autant de fils offerts pour qu'ensemble les Congolais
tissent la natte du développement ; un proverbe africain proclame, en
effet, que «dormir sur la natte des autres, c'est comme si l'on dormait
par terre».