Ce que l'on appelle la démocratie participative est une
excellente démarche tant qu'elle n'est pas un cache-misère,
voire une diversion, par rapport au fait que l'ensemble du
système français de démocratie locale dysfonctionne et se
trouve ainsi être le premier responsable de la désaffection des
citoyens. Rendre la République elle-même enfin participative,
telle nous a semblé et nous semble toujours être la priorité,
avant d'encourager des milliers de collectivités territoriales
à échafauder, chacune dans son coin, des dispositifs
participatifs, tous plus ingénieux les uns que les autres, mais
tous ensemble incapables de corriger le caractère massivement
dissuasif du système politique et administratif
territorial.
Les associations d'habitants grenobloises épaulées par
Sciences Po Grenoble avaient organisé un colloque «Démocratie
locale : Osons innover». Sur cette lancée, des associatifs et des
universitaires, sous la houlette de Jean Tournon, directeur de
recherche honoraire de la Fondation Nationale des Sciences
Politiques, actuellement responsable, pour les Unions de quartier
grenobloises, d'une commission Démocratie locale et participation,
ont entrepris de démonter les idées et institutions de la vie
politique et administrative locale qui se révèlent foncièrement dissuasives
de la participation des citoyens ; ils en demandent une
réforme de fond et qui soit elle-même participative.