Avec la professionnalisation des armées, les réserves militaires ont
changé. Autrefois adossées au service national, elles ne recrutent
maintenant que des engagés volontaires. Elles paraissent efficaces.
Pourquoi alors faudrait-il substituer à la réserve opérationnelle
d'aujourd'hui, qui est le coeur des réserves, une garde nationale dont on
aurait seulement entendu parler ? Eh bien, parce que si elle a un passé
militaire, la garde nationale pourrait bien devenir une idée d'avant-garde.
En effet, la question n'est pas de savoir s'il faut substituer une garde
nationale aux réserves, mais avant tout de préserver l'acquis de la
réserve opérationnelle, puis d'organiser cette réserve en un corps, et
enfin de lui donner une doctrine d'emploi qui lui soit propre.
Car les réserves militaires ont atteint leurs limites ; elles ne sont
qu'un dispositif transitoire qui trouvera son nécessaire aboutissement
dans une garde nationale que l'ouvrage ici présent s'attache à définir.