«Le livre, cette marchandise» : c'est dans le prolongement de la célèbre
définition d'Henri-Jean Martin que s'inscrit cet ouvrage. Il propose une nouvelle
approche des mutations de l'objet-livre, depuis sa naissance sous forme de
«produit» à l'âge de l'imprimé jusqu'à sa récente mutation en «service»,
lors de la révolution numérique. Envisagé comme «produit culturel», à
la fois reflet d'une société, mode d'accès à un savoir partagé et bien de
consommation courante, le livre est ici considéré comme le fruit de politiques
éditoriales et de stratégies de librairie qui participent à la constitution du
champ culturel, à sa définition autant qu'à sa marchandisation. À travers
diverses contributions qui explorent la production et la diffusion de l'écrit
dans l'Europe de Gutenberg, il pose les jalons d'une histoire du livre-produit,
depuis les imprimés d'Ancien Régime, qui, les premiers, relevèrent d'une
«culture négociée», en passant par l'apparition, au XIXe siècle, du «livre de
boulevard» qui s'expose et se vend sans complexe, se diversifie et renouvelle
ses stratégies pour conquérir de nouveaux lectorats, jusqu'à son apparente
dématérialisation au temps du numérique où il devient un simple service à
consulter autant qu'un lieu de création à explorer.