Algérie.
1945, une guerre se termine dans le monde, 1954, une autre se
profile à l'horizon...
Un petit village à quelques kilomètres d'Oran. Des hommes et
des femmes y vivent leur quotidien sans surprise. Des
autochtones, et de nouveaux arrivés, poussés par les vents de
l'Histoire. Des réfugiés politiques espagnols, des rescapés
berbères de la guerre du Rif marocain, des Français
métropolitains en quête d'absolu.
Parmi ces adultes trop graves et souvent compassés, deux
fillettes se croisent. L'une est berbéro-arabe, l'autre hispano-française
: la Rouquine et Armande. Elles se donnent la main à
l'école...
Leurs doigts se sont trouvés et entrelacent les soifs de leurs
solitudes, et les appréhensions de leurs interrogations aussi.
Dans un monde où la violence a aujourd'hui essaimé sous
tous les cieux, qu'il est bon parfois pour chacun d'entre nous, de
pouvoir rattraper l'enfant que nous étions et le tenant par la main,
se couler avec lui, le temps d'une bénédiction, dans la douceur
ronde et veloutée de cette Tendresse première.
Un viatique dont on n'a le droit de priver aucun enfant
sur la terre...
Une fillette des années 50, née dans un petit village à quelques
kilomètres d'Oran... Collègienne puis universitaire de formation
scientifique, SPCN en 1961, l'auteur est aujourd'hui enseignante
à la retraite.