Le passé du XXème siècle, avec son cortège d'horreurs, semble
hanter, tel un spectre, les productions artistiques contemporaines.
Les succès controversés des Bienveillantes de Jonathan Littell ou
de Inglorious Basterds de Quentin Tarentino attestent que le
besoin de mémoire est toujours aussi vivace, mais interrogent les
modes de revenance du passé : peut-on, par exemple, laisser la
parole (fictionnelle) à un bourreau de la Shoah, ou refaire
l'histoire par pur besoin cathartique ? Quelles modalités d'héritage
de notre (triste) histoire du XXème siècle peuvent alors explorer
les arts ?
Cette interrogation concerne aussi bien l'écrit, qui fixe /
transcrit la mémoire, que l'image - picturale, photographique,
cinématographique -, qui donne à voir / confronte instantanément
à l'expérience du passé. Dans ce cadre, que montre l'image que ne
dit pas le texte ? Qu'exprime ce dernier que ne traduit pas
l'image ?
Des chercheurs, certains membres du groupe RETINA.
International (Recherches Esthétiques & Théorétiques sur les
Images Nouvelles & Anciennes) et d'autres du CERC (Centre
d'Etudes et de Recherches Comparatistes de l'Université Paris III
Sorbonne Nouvelle) mettent en oeuvre des hypothèses autour de
ces interrogations, en s'intéressant au passé de l'Europe, de
l'Amérique latine et de l'Afrique : ainsi s'articulent dans ce livre
la mémoire, la littérature, la peinture, la photographie et le
cinéma.