Ce travail de recherche à caractère comparatif porte sur deux
populations de Côte d'Ivoire : les Wè, situés à l'ouest et à filiation
patrilinéaire, et les Anyi-bona, situés à l'est et à filiation matrilinéaire.
Il décrit le rôle du neveu et celui de l'esclave lors des funérailles d'un
oncle maternel ou d'un maître. Le neveu utérin chez les Wè est lié à
son oncle maternel par sa filiation utérine, mais appartient au lignage
de son père. Par contre, l'esclave, chez les Anyi-bona, est lié à son
maître par le processus de clanification, mais est d'origine servile.
Pourtant, ce sont eux qui assument, lors des rites funéraires, des rôles
essentiels. En fait, leur position structurelle, à la fois de proches et de
lointains, les favoriserait en tant que «liens faibles» et «médiateurs»
à qui le groupe donne pouvoir dans l'espace funéraire qui est un espace
de «reliance sociale». Ce travail souligne également que les
funérailles sont des moments importants dans les politiques de
réputation et des stratégies d'ostentation des groupes sociaux, le lieu
de la redistribution des biens ou du «gaspillage» des richesses.
L'espace funéraire étant un lieu de rivalités des lignages et des
individus pour la reconnaissance de soi et pour la reconnaissance
sociale.