Le nomadisme n'est ni une anomie ni une claustrophobie. Il est plutôt
«horizon sans toit», fracture virtuelle, ouverture des lieux, résurgence des
élans et propulsion des choix. Il est synonyme d'une pérégrination qui fortifie
les rencontres, multiplie les événements et adosse la croyance au monde.
Dans un livre de haute vigie culturelle s'impose le pouvoir puissamment
créateur d'une philosophie soucieuse du «nous» dans un monde qui ressent
le besoin d'une nouvelle liberté. C'est dire la nature propre d'une philosophie
porteuse de nouvelles instigations philosophiques qui ne manqueront pas de
se confirmer nécessaires à l'équilibre d'un «vivre ensemble» novateur.
Cette philosophie pose la question éthique essentielle d'une action
obéissant aux valeurs suprêmes de la liberté, de l'équité, de la vérité, et de
la double solidarité biologique et culturelle, s'organisant dans la coexistence
des échanges, des sollicitations et des donations de sens. Il s'agit donc bien
d'une éthique essentiellement problématique, c'est-à-dire interrogative,
inachevée, persévérante, que nous propose Abdelaziz Ayadi.