Brûlées, ces nouvelles le sont, à bien des égards. À l'instar de
leurs personnages : en quête d'eux-mêmes, ils se brûlent les
ailes à trop vouloir approcher le soleil. À l'image des histoires
qu'elles racontent, consumées d'une ardente flamme. Brûlées,
enfin, comme tout ce qui vit et meurt dans l'incandescence du
verbe. Les maux écrits deviennent les cris donnés à entendre,
donnés à lire.
Ici interviennent monstres, parias, pauvres diables que la Nature,
en son sommeil, a formés dans un encrier. Ici se mêlent fous,
amoureux, passionnés, ce qui revient au même finalement.
Dans un bestiaire de vies plurielles, hachées, l'autobiographie
pointe son doigt parfois menaçant, parfois bienveillant. L'auteure
nous emporte, dans son sillage, à la recherche d'une durée, à tout
jamais perdue.
Deux retouches de mythes grecs viennent compléter cette fresque
de toutes les déraisons humaines.
Des nouvelles dont le vocabulaire foisonnant consumera le lecteur
épris de mots, et pas seulement pour leur signification. On lui
demandera de les lire à haute voix, pour lui et pour les autres,
afin de rendre pleine justice à certains passages où, de l'aveu
même de l'auteure, le fond ne se peut révéler que dans une forme
particulièrement travaillée.