Heinrich fuit sa vie pour dessiner l'histoire de sa mort. Il est
vite rattrapé par le devoir, et ce dernier s'incarne en Franck Folley,
un diplomate qui décide de faire entrer le jeune artiste juif dans
l'univers des hauts dignitaires nazis. Entre espionnage et
apprentissage de l'horreur, Heinrich réalise bien qu'il n'est
finalement plus maître des limites de l'humanité qu'il voit sans
cesse repoussées.
«Nous étions nombreux à avoir ce gène ethniquement
transmissible du nom de judaïsme... Vivre avec, c'était rejoindre
le clan des anormaux, des handicapés, des sous-hommes. C'est la
raison pour laquelle on avait décidé pour notre bien qu'il était
préférable d'être mort. Vivre avec une telle tare c'était comme
avoir l'apparence d'un homme sans en avoir la dignité (...) Alors
j'ai tout simplement décidé de commettre le crime pour lequel on
m'avait accusé à tort, histoire de n'être pas condamné pour rien :
j'ai endossé la déloyauté qu'on attribue généralement aux Juifs, j'ai
changé de nom et de pays pour, dans un premier temps, échapper
à l'ennemi alors qu'il n'était pas assez puissant pour m'arrêter...»