Les Actes de ce premier colloque sur les jeux
d'évanouissement se veulent un point de départ pour une réflexion
multidisciplinaire à propos de pratiques dangereuses, à extension
planétaire. Le «jeu du foulard», comme les jeunes l'appellent -
relayant les médias ou relayés par les médias - n'est certes pas une
nouveauté. Le moins que l'on puisse dire est que les nouveaux
moyens de communication ont privé de clandestinité et comme
banalisé, sinon rendu anodines, des pratiques variées qui ont en
commun la recherche de l'hypoxie cérébrale. Faut-il pour autant
accuser Internet de favoriser l'expansion d'activités mettant à mal
le corps d'enfants dont, par ailleurs, maintes mesures en matière
de Santé publique visent à protéger l'intégrité et à favoriser le
développement optimum ? Pourquoi l'existence de ces activités
est-elle encore ignorée de nombre de médecins, infirmiers,
enseignants et agents chargés de la sécurité publique ? Les jeunes
qui se livrent à ces pratiques, délibérément ou sous la pression du
groupe, ont-ils seulement conscience de la gravité de l'enjeu non
seulement pour eux, mais aussi pour la cellule familiale et, de là,
pour la société tout entière ? Comment, à défaut de pouvoir jamais
contrôler la marée internétique, transmettre une information
critique et rigoureuse qui demeure le meilleur garant contre les
chimères, les manipulations et autres (à la lettre) éblouissements ?
Pourquoi, héritiers des Lumières, hésitons-nous à nous affranchir
des tabous/châtiments obsolètes, des vieux interdits/transgressions
? Alors que le droit, indéniablement, a affaibli les
moyens d'abuser d'autrui, qu'avons-nous à craindre du «par-delà
bien et mal» ?