L'accélération du changement climatique fonctionne comme un signal
d'alarme et interroge l'économie de pillage dans laquelle l'homme s'est installé.
La multiplication des équipements énergivores, la croissance des consommations
d'électricité, l'épuisement des sources d'énergie fossile, l'augmentation des gaz à
effet de serre... tous ces facteurs se combinent pour accélérer un processus difficilement
contrôlable. Alors, les gouvernements se réunissent, négocient, s'entendent
sur les mesures à mettre en oeuvre pour limiter les dégâts. Les politiques de
Maîtrise de la Demande d'Énergie (MDE) constituent un des leviers pour
infléchir les comportements énergivores. Mais en quoi consistent ces politiques ?
Quels sont les instruments mis en oeuvre ? Quels types de publics sont concernés ?
Comment ces derniers les réceptionnent-ils, et pourquoi n'adoptent-ils pas de
comportements plus sobres ?
À travers des exemples portant sur les réfrigérateurs, l'automobile ou le bâtiment-économe,
la première partie de cet ouvrage montre combien les élus des
petites collectivités, les artisans, les professionnels du bâtiment ou les consommateurs
sont peu disposés à modifier leurs habitudes, leurs équipements ou leur
savoir-faire. Ils ont en fait de très bonnes raisons pour ne pas en changer. La
deuxième partie de l'ouvrage se place du côté des dispositifs incitatifs, les caractérise
et les questionne, pour montrer qu'ils cherchent bien souvent leurs publics.
L'étiquette énergie, une opération Écocampus, différentes campagnes de sensibilisation
aux économies d'énergie illustrent combien il est nécessaire de construire
une véritable culture d'économie d'énergie pour rendre les projets de MDE socialement
acceptables. La partie suivante traite de l'expérience des programmes
d'efficacité énergétique québécois, ainsi que de l'opération de MDE sur le fleuve
Maroni en Guyane. Dans les deux cas, les outils et supports de sensibilisation utilisés
sont construits sur la base des cultures des populations destinataires. Savoir
ne suffisant pas à passer à l'acte, la dernière partie passe en revue certaines pistes
pour infléchir durablement les comportements.