À travers ce récit, Lydia Olchitzky-Gaillet est allée à la rencontre
de son père.
En 1943, celui-ci sauve la vie de ses cousines Paulette et
Simone Chaneix. Il les sort du camp de Douadic, juste avant leur
transfert programmé pour Auschwitz. Pour les protéger, il les confie
à la directrice d'un orphelinat près de Grenoble. Elles seront des
«enfants cachés». Les demoiselles Chaneix retrouveront à la fin de
la guerre leur véritable identité puis leur mère ainsi que leur foyer
parisien un an plus tard.
Avant cet épisode, Leïbka, le grand-père paternel de Lydia, est
condamné à trois mois de prison et trois mille francs d'amende pour
«hausse de prix». Spolié de tous ses biens, il tente de sauver sa vie
mais il est arrêté avant de monter dans le train qui doit l'emmener
en zone libre. Zizi, le père de Lydia, veut le faire évader mais Leïbka
s'y oppose. Celui-ci sera assassiné à Auschwitz, comme le père des
soeurs Chaneix pris dans la rafle du «billet vert».
Zizi reste le héros de la famille mais a culpabilisé toute sa vie de
n'avoir pas pu sauver Leïbka. Il ne s'en est jamais remis.