La fermeture d'une grande entreprise industrielle fait figure
de drame économique et social. Parce qu'elle contribue à la fragilisation
de la société salariale et du tissu industriel local, la disparition
d'une grande entreprise inquiète et provoque diverses
initiatives pour tenter d'en limiter les conséquences.
L'annonce de la fermeture de l'usine Metaleurop Nord le
17 janvier 2003, fonderie de plomb et de zinc installée à
Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) depuis plus d'un siècle, sans
préavis ni plan social, sans participation financière à la dépollution
ni contribution à la reconversion du territoire, a suscité une
grande émotion. Les termes de «lâchage», de «patron voyou»,
ont été mobilisés jusqu'au sommet de l'État. Le cas de Metaleurop
illustre le «scénario catastrophe» de la mise au chômage de
salariés relativement âgés dans un bassin déjà frappé par la
désindustrialisation et les problèmes d'emploi. Pour le territoire,
il s'agit de dépolluer et de réhabiliter, avant de «revitaliser» par
de nouvelles activités «durables». Pour les 830 salariés de
l'usine, devenus chômeurs, commence une période de transition
professionnelle.
Notre enquête mobilise diverses techniques de recueil de
données (observations, questionnaires, entretiens) et repose sur
un suivi des événements de janvier 2003 à décembre 2009. Après
avoir montré le processus qui conduit cette usine à la fermeture,
ce livre propose une analyse des différentes phases qui composent
la transition professionnelle. La dernière partie est consacrée
à la reconversion du territoire et aux actions engagées pour revitaliser
le site et son périmètre.